Doit-on détester les mauvais actes de la personne ou elle même ?

Question:

 

Nous avons vu qu’il fallait détester les actes de la personne et non la personne en elle-même.

Je voudrais min fadlikoum, d'avantage d’explications car je n’ai pas tout à fait compris.

D’autre part, j’ai trouvé la traduction d’une parole de Cheikh 'Utheymin رحمه الله , qui dit : « Il en est ainsi du croyant désobéissant. Aime-le pour ce qu’il a comme foi et déteste-le pour ce qu’il commet comme désobéissance.

Baraka Allahu fikoum ya Cheikh de m’expliquer comment comprendre cette parole ?

Doit-on détester le croyant ou ses mauvaises actions ? Y-a- t-il une divergence chez ahl sounnah wal jama3a sur cela ?

 

 

Réponse:

 

En fait, détester la personne musulmane n’est pas possible à 100% car comme dit Ibn Taymiyah رحمه الله , ainsi que l’ensemble des savants : on doit le détester pour la chose qu’il a faite, et

l’aimer pour la foi qu’il a.

On le déteste pour la perversité qu’il a, et on l’aime pour la foi qu’il a.

C’est un peu comme pour le musulman qui se marie avec une chrétienne. Donc il l’aime pour sa beauté, pour son bon comportement… et il la déteste pour son din, pour sa 3aqida, pour son kufr.

Donc il peut joindre entre les deux.

Car toi quand tu détestes le croyant, il faut que tu parviennes à allier cela avec la deuxième partie qui consiste à l’aimer pour la foi qu’il a. C’est un croyant, tu dois l’aimer pour la foi qu’il a.

C’est comme le médicament, tu le détestes parce qu’il a un goût amer et qu’il a des effets secondaires, mais tu dois l’aimer parce que tu sais que c’est dans ce médicament que bi idhni LLah il

y a la guérison.

 

Ainsi, on comprend cela dans le hadith authentique se trouvant dans sahih Al Boukhari, où le Prophète صلى الله عليه و سلم  avait envoyé Khalid Ibnou Al Walid pour faire une bataille.

Lorsqu’il avait commencé à tuer les gens, ils lui disaient « nous avons quitté notre ancienne religion » autrement dit « nous sommes devenus muslims ». Mais ces mots ne l’ont pas convaincu, il

aurait voulu qu’ils disent « laa ilaaha illa Llah » ou quelque chose comme ça, et il les a alors tué.

Lorsque le Prophète صلى الله عليه و سلم a entendu cela, il a dit : « Ya Allah, je me désavoue de ce qu’a fait Khalid ». Il n’a pas dit « Ya Allah je me désavoue de Khalid » mais il a dit « de ce qu’a fait

Khalid. »

 

Et regardez ce que dit le verset 216 de la sourate As-Shou3ara (traduction rapprochée):

« Mais s’ils te désobéissent, dis-leur :  Moi, je me désavoue de ce que vous faîtes. »

Il n’a pas dit « je me désavoue de vous » mais « je me désavoue de ce que vous faîtes. »

Quand la personne fait une perversité, un grand péché, on la déteste elle d’accord, mais pourquoi on la déteste ? A cause de la perversité qu’elle vient de faire, c’est-à- dire qu’on la déteste au moment où elle fait ça.

Mais ça ne veut pas dire que par exemple, si je tombe sur un pervers qui vient de boire de l’alcool mais qui est croyant, et qui est en train de se faire frapper par un kafir, je le laisse se faire frapper sous-prétexte que je le déteste. Ou alors, imaginons qu’il m’appelle car il a besoin qu’on emmène son fils à l’hôpital et que je refuse car il est pervers. Ou alors, qu’il me demande de l’emmener à l’hôpital car il est lui-même malade, qu’il risque de mourir et qu’il n’a pas de voiture. Ce n’est pas le fait qu’il soit pervers qui prime ici. Mais c’est plutôt l’autre côté qui l’emporte, la foi, le fait qu’il soit croyant. Il faut donc apprendre à joindre entre les deux : je le déteste pour sa perversité et je l’aimepour sa foi.

Sinon tout croyant qui va faire une faute ou un grand péché, je vais le détester à vie et ne plus lui parler. Alors qu’il ne faut pas que j’oublie la foi qu’il ainsi que ses bons côtés.

Le Prophète صلى الله عليه و سلم , on lui a ramené quelqu’un qui s’appelle ‘Abd Allah Ibn himar, on l’appelait « himar » qui veut dire « âne » parce qu’il faisait beaucoup rire le Prophète صلى الله عليه و سلم . Et ce hadith se trouve dans sahih Al Boukhari. A chaque fois qu’il buvait de l’alcool, on le ramenait au Prophète صلى الله عليه و سلم pour le punir, et une fois lorsqu’on lui a ramené, quelqu’un a dit « Qu’Allah le maudisse. » Certains disent que c’est Khalib Ibn Walid qui a dit cette phrase. Le Prophète صلى الله عليه و سلم a répondu « Ne le maudis pas ! Il aime Allah et son prophète ». Autrement dit, si tu maudis, maudis ceux qui boivent de l’alcool mais ne le maudis pas lui directement.

 

Donc il faut avoir cette balance pour pouvoir joindre entre les deux : je le déteste au moment où il a fait cette chose, j’ai mon cœur qui est gros à cause de ce qu’il a fait, etc… Mais d’un autre côté, il ne faut pas oublier la foi qu’il a, surtout s’il s’est repenti. jal aWa Allahu azza wa3lam. »

Date de dernière mise à jour : lundi, 29 Août 2016